Textes

Peintures/Malerei

Issus des matériaux traditionnels de la peinture-chassis-toile, mes supports sont toujours de forme carré. C’est parce que le carré est contraignant. Il est rigide. Il a un lourd passé.

Sur ces toiles, je peinds des formes simples, des lignes, des semblants de grilles. Elles sont de différentes épaisseurs, s’entrecroisent, se superposent parfois.

Mes couleurs sont vives, libres. Beaucoup de fluos, de couleurs laiteuses, pastelles. Peu de couleurs foncées, pas de noir.

Les lignes deviennent des rayures puis des motifs géométriques.

Il y a plusieurs plats de bandes. On peut croire reconnaitre des motifs-référents issus de sa propre mythologie, ou issus de codes sociaux anciens ou contemporains. Ces « motifs » ne sont jamais empruntés de réels tissus ou objets. Ils sont une création propre et aucun n’est deux fois utilisé.

Il y a aussi un jeu avec les contraintes et les contraires.

Le carré est stricte, les lignes sont droites, organisées. Malgré cela, je crée un déséquilibre, une faille, qui fait chuter le carré, le fait s’effacer, le déconstruit, l’explose. La peinture se sort et sort du carré. Elle peut même le tordre.

Ensuite, il y a les peintures dites « patchwork ». Je convoque plusieurs « peintures-motifs » sur une même toile et très vite tout est chamboulé. Les motifs-référents, une fois réunis, perdent leur identité propre et se révèlent dans un tout très dense. Tous sont très stucturés, mais ensemble, ils créent un espace pictural chaotique envahissant, parfois vernaculaire. Il y a autant de perspectives que de motifs. Il n’y a donc plus de sens de lecture. Tout est faussé.

Non sans ironie, je joue des paradoxes, des enjeux et des tourments du carré et de la peinture, ainsi que du sens et de la pertinence de la peinture abstraite géométrique.

Comment d’une apparence presque pop peut-on soulever des questions nobles de la peinture et comment vient-elle s’impliquer dans l’art contemporain ?

Cathy Jardon

Der Blick der Bilder

Bilder als Manifestation von/der Malerei. Malerei als Manifestation des Bildes. In Malerei denken, die Bilder zum Resultat hat. In Bildern denken, welche die Elemente der Malerei zur Grundlage haben. Cathy Jardon bewegt sich mit hoher Reflexionskraft in diesem künstlerischen Aktionsraum.

Es verblüfft, daß die Form-und Farbentscheidungen impulsiv und spontan geschehen, da doch ihre Bildphysiognomie ein hochkalkuliertes Arbeitkonzept nahe legt. Doch der zweite Blick auf die Bilder enthüllt den Moment des Spontanen. Die Einzelformen und die Gesamtform verbinden sich so, daß eine überzeugende Bildgestalt entsteht, die über ein, wenn auch noch so kluges Kalkül, nicht zu gewinnen wäre.

Die Anmutung von festem Formbau und dem emotionalen Dagegenarbeiten verleiht den Bildern ein Spannung, die uns einen Dialog zwischen allein der Kunst zugehörender Formen und biographischen Momenten der Künstlerin denken lässt. Hier erhält auch die Geste der Faltung als Störung klarer Formstrukturen ihr Gewicht. Die beiden unterschiedlichen, ja gegensätzlichen Formargumentationen fließen, überrachend gültig, zusammen.

Balance und Nichtbalance, aufgehoben im BILD. Die Ganzheit, gewonnen aus Bildfragmenten ist Beherrschung der Form.

Dabei entsteht eine eigene Bildwelt, die sich im Dialog mit der Geschichte der nicht gegenstandsbezogenen Kunst befindet.

Das Projekt einer Bildwand, welche die Maße einer auf der gegenüberliegenden Wand befindlichen Vitrine aufnimmt, verspricht ein Weiteres : Den Realraum durch den Bildraum zu modulieren. Die hierzu gesehenen Skizzen wecken Erwartungen.

Franz Erhard Walther

L'aperçu des images

Traduction de Der Blick der Bilder en français par Ursula Urson

Les images en tant que manifestation de/de la peinture. La peinture en tant que manifestation de l’image. Penser en peinture dont découlent des images. Penser en images dont les bases sont les éléments de la peinture.

Cathy Jardon occupe cet espace artistique avec une grande force de réflexion. Il est troublant que la décision prise quant aux formes et aux couleurs soit impulsive et spontanée, alors que la physionomie de l’image suggère un concept de travail hautement calculé. Mais le second regard sur les peintures dévoile le moment de spontanéité. Les formes prises séparément et dans leur ensemble se lient de telle sorte que se constitue une conception d’image convaincante. Aucun des plus savants calculs ne parviendrait à ce résultat.

L’assemblage audacieux en une solide construction de formes, associé au contrepoids émotionnel, prête aux images une tension qui nous laisse imaginer un dialogue entre des formes appartenant uniquement à l’art et à des éléments biographiques de l’artiste.

Aussi, le geste du plissement en tant qu’élément perturbateur des formes-structures nettes joue un rôle important. Les deux, formes et argumentations, qui sont différentes voire opposées, confluent finalement avec pertinence.

Equilibre et déséquilibre cohabitent dans le tableau. L’intégralité, constituée de fragments d’images, est garante d’une maîtrise de forme. En cela se constitue un monde d’images particulier qui dialogue avec l’histoire de l’art abstrait.

Le projet d’un mur de peinture se référant aux dimensions reportées de la vitrine opposée en promet plus : moduler l’espace réel par « l’espace-image ». Les esquisses vues à ce sujet suscitent des attentes.

The face of images

Traduction de Der Blick der Bilder en anglais par Michael Cosgrove

Images as a manifestation of painting. Painting as a manifestation of images. Thinking in painting, of which the outcome is images. Thinking in images whose fundament is the element of painting.

Cathy Jardon occupies this artistic space with powerful reflection. It is disconcerting that the choice of shapes and colours appears impulsive and spontaneous whereas the features within the images suggest a highly elaborated work concept. But a second look at the paintings reveals the moment of spontaneity. Shapes in particular and in general are related to one another in such a way that they constitute a compelling image which would gain nothing from complex calculations.

The audacious assembly of a solid construction of forms, in association with complementary emotional work, gives a certain tension to the images which allows us to imagine a dialogue between shapes that belongs exclusively to art and elements from the artist’s background. Also, the action of creasing and creating reliefs that result in the perturbation of uniform form-structures has an important role to play. Form-argumentation, both different, even opposed, unite in a surprisingly pertinent manner.

Equilibrium and non-equilibrium are auto-neutralised in the works. The entity gained from fragments of images, incarnates the mastery of form. It is thus that a singular world of image is created, a world which converses with the history of abstract art.

The project of a wall of painting in reference to the dimensions transposed from the glass structure opposite holds the promise of more to come. Modulating real space with “space-image”. The existing rough outlines of this approach can only heighten our expectations.

<<moving abstracts>>

Die figurative Welle in der Malerei geht dem Höhepunkt entgegen, und die wenige, junge Talente schwimmen gegen den Strom. Cathy Jardon ist eine solches Talent, dans mit großer Ernsthaftigkeit die Abstraktion betreibt. Aber: Nicht die klassische, sondern heraus aus dem Rahmen hinein in den Raum - <<moving abstracts>> eben.

In der Tradition der geometrischen Abstraktion, reduziert Cathy Jardon (26) ihr Formenrepertoire auf Linien, Streifen un Flächen. Im Gegensatz dazu formt sie jedoch den Bildgrund, indem sie diesen in Falten legt: So verwendet sie die bemalte Leinwand mal als fließende Stoffbahn, die sich entlang der Wand bis auf den Boden rollt, dann wiederum wie ein zerknülltes Tuch, das unregelmäßig auf einer quadratischen Fläche liegt.

Dardurch bricht sie mit der strengen Linearität, die durch die gemalten horizontalen und vertikalen Linien und Streifen erzeugt wird. So entstehen Bildobjekte, bei denen sowohl der Bildgrund als auch der Raum as wesentliche Bestandteile in die gestalterische Konzeption mit einbezogen werden.

Cathy Jardon stammt gebürtig aus Belfort in Frankreich. Für die Perfektionierung ihrer neuen Herangehensweise legte sir ihr Studium international an: Mit Doppeldiplom in Hamburg an der Kunsthochschule (Prof. Walther) und an der Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts in Dijon. Parallel dazu studierte sie an der Kunstakademie in Düsseldorf (Prof. Buren).

© 2003-2008 Cathy Jardon